HISTOIRE DU MAINE COON

 
Le Maine Coon est une race de chats à poil long originaire de l’État du Maine, aux États-Unis. Reconnu pour son physique rustique et sa grande taille, il peut atteindre à l’âge adulte une longueur d’environ 48 à 100 cm du museau à l’extrémité de la queue. Le Maine Coon se distingue par plusieurs caractéristiques morphologiques typiques : une queue longue et fournie en panache, un museau carré, de grandes oreilles ornées de plumets ainsi qu’une fourrure longue et dense, adaptée aux climats rigoureux. La race s’est développée naturellement à partir de croisements entre des chats de ferme locaux et d’autres chats aux origines diverses, introduits par les immigrants européens. Ces chats ont su s’adapter aux conditions de vie difficiles et au climat froid de la région, ce qui a contribué à forger la robustesse et la résistance propres au Maine Coon. Le Maine Coon est aujourd’hui considéré comme l’une des plus grandes races de chats domestiques, aux côtés du Savannah, une race également originaire des États-Unis, issue du croisement avec le serval, un félin sauvage africain. Il est également reconnu comme la plus ancienne race naturelle nord-américaine.
 
Origines et développement du Maine Coon
Le Maine Coon est considéré comme l’une des plus anciennes races naturelles nord-américaines. Ses origines exactes ne sont pas formellement établies et ont donné lieu, au fil du temps, à plusieurs hypothèses et légendes. Parmi les récits populaires figure la légende d’un croisement entre des chats domestiques et des ratons laveurs, hypothèse génétiquement impossible mais à l’origine du nom de la race (coon, dérivé de raccoon). Une autre légende évoque des chats angoras envoyés par Marie-Antoinette d’Autriche lors de sa tentative de fuite vers l’Amérique, qui se seraient ensuite mêlés aux chats locaux. Les hypothèses les plus crédibles s’accordent toutefois sur un développement naturel de la race à partir de chats de ferme locaux croisés avec des chats à poil long ou mi-long importés par des voyageurs, des marins ou des immigrants européens. Certains auteurs évoquent également une possible influence de chats amenés par les Vikings vers l’an 1000, ce qui expliquerait la ressemblance morphologique entre le Maine Coon et le chat des forêts norvégiennes, renforcée par des conditions climatiques similaires.

Reconnaissance et structuration de la race
Dès le milieu du XIXe siècle, les chats de grande taille du Maine suscitent l’intérêt. Le premier Maine Coon mentionné dans la littérature est Captain Jencks, cité en 1861. En 1895, une femelle nommée Cosey remporte un concours félin au Madison Square Garden à New York, marquant l’entrée officielle de la race dans le monde des expositions. Après une période de déclin au début du XXe siècle, liée à la popularité croissante d’autres races comme le Persan et le Siamois, le Maine Coon connaît un regain d’intérêt à partir des années 1950, notamment grâce à la création du Central Maine Coon Cat Club et à l’établissement d’un premier standard de race. La race est reconnue officiellement :
  • en 1967 par l’American Cat Fanciers Association (ACFA) et la Canadian Cat Association (CCA),
  • en 1976 de manière définitive par la Cat Fanciers’ Association (CFA),
  • par la FIFé en 1983 et le GCCF en 1986.
L’importation du Maine Coon en France débute en 1981, avec un essor notable à partir des années 1990.
 
Morphologie et standard du Maine Coon
Le Maine Coon présente un corps long, rectangulaire et puissamment musclé, avec une large poitrine. Malgré sa stature imposante, la silhouette doit rester harmonieuse, équilibrée et sans exagération, conformément au standard de la race. Il s’agit de l’une des plus grandes races de chats domestiques.
Le poids moyen se situe généralement :
  • chez les mâles : 6 à 10 kg
  • chez les femelles : 4 à 6 kg
La croissance du Maine Coon est lente et progressive, pouvant s’étendre sur trois à cinq ans, ce qui explique sa taille adulte impressionnante.
 
Corps, membres et queue
Les pattes sont solides, de longueur moyenne, avec une musculature puissante, contribuant à l’aspect rectangulaire du corps. Le poitrail est large, particulièrement marqué chez les mâles. Les pieds sont grands et ronds, avec une présence importante de touffes de poils interdigitaux, caractéristique essentielle de la race. La polydactylie, bien que présente chez certains chats fondateurs, n’est pas reconnue par le LOOF. Le standard français exige cinq doigts à l’avant et quatre à l’arrière. Tout nombre supérieur constitue un défaut grave et éliminatoire en exposition, contrairement à certaines associations nord-américaines où ce trait est accepté. La queue est longue, large à la base et s’affinant vers l’extrémité. Lorsqu’elle est repliée sur le dos, elle doit atteindre l’omoplate. Elle est abondamment fournie de poils longs formant des mèches, participant à l’aspect majestueux du Maine Coon.

Tête et expression
La tête est de taille moyenne, avec des pommettes saillantes. De profil, le nez est légèrement courbé, sans stop marqué. Une légère bosse terminale (« bump ») est tolérée, mais devient un défaut si elle est trop prononcée. Le museau, fort et nettement carré, est un élément fondamental du standard. Un museau trop court, arrondi ou pointu est considéré comme un défaut pénalisant en exposition. Les yeux sont grands, ovales et disposés en oblique, bien espacés. Leur expression peut paraître plus ronde lorsque le chat est attentif. Les couleurs admises comprennent le jaune, le cuivre, le vert et le doré, sans obligation de correspondance avec la couleur de la robe. Les yeux vairons sont acceptés chez les sujets blancs ou particolores. Les oreilles sont grandes, larges à la base et portées haut sur la tête, avec un espacement correspondant à la largeur d’une oreille chez l’adulte. Elles sont modérément pointues, et la présence de plumets à leur extrémité est particulièrement recherchée. Chez les mâles adultes, l’élargissement progressif de la tête peut donner l’impression d’oreilles plus basses. 
 
Robe et fourrure du Maine Coon
La fourrure du Maine Coon est mi-longue, avec une longueur inégale sur le dos et les flancs, offrant une protection naturelle efficace contre les conditions climatiques difficiles. Une fourrure de longueur uniforme sur l’ensemble du corps est considérée comme un défaut au regard du standard. La présence d’une collerette sous la gorge ainsi que d’une culotte est particulièrement appréciée. La texture du poil est soyeuse, avec un sous-poil fin, tout en conservant un aspect naturel et non excessif, caractéristique essentielle de la race.

Couleurs et motifs reconnus
Le Maine Coon accepte la majorité des robes traditionnelles, à l’exception :
  • du colourpoint,
  • et, selon certaines fédérations félines, du ticked tabby.
Les couleurs chocolat, lilas, cannelle (cinnamon) et faon (fawn) ne sont pas reconnues par les standards officiels. Parmi les robes les plus recherchées figurent :
  • le brown blotched tabby (brun marbré),
  • le brown mackerel tabby (brun tigré),
    avec ou sans blanc, ces robes rappelant particulièrement l’aspect sauvage originel du Maine Coon.
Viennent ensuite les black silver tabby, les blue tabby, ainsi que les robes unies telles que le noir, le bleu ou le blanc.  
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